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Entretien téléphonique : la préparation qui fait vraiment la différence

Entretien téléphonique : la préparation qui fait vraiment la différence
Simon Bodych

par Simon Bodych

19 min de lecture

L’entretien téléphonique paraît simple. Pas de trajet, pas de tenue à choisir, pas de poignée de main à gérer, pas de salle d’attente stressante. C’est précisément pour ça que beaucoup de candidats le ratent.

Au téléphone, un recruteur tranche vite. En 15 à 30 minutes, il évalue votre clarté, votre motivation, votre niveau de préparation, vos attentes salariales, votre disponibilité, et surtout une chose très concrète, est-ce qu’il vaut la peine de vous faire passer à l’étape suivante.

J’ai vu des profils excellents s’éliminer eux-mêmes avec une connexion médiocre, des réponses trop longues, ou un ton tellement plat qu’on aurait dit qu’ils répondaient entre deux courses. À l’inverse, des candidats moins impressionnants sur le papier ont décroché la suite du process parce qu’ils savaient présenter leur parcours proprement, répondre avec méthode et poser les bonnes questions.

La bonne nouvelle, c’est que la marge de progression est énorme. Un entretien téléphonique se prépare très bien. Avec un peu de méthode, vous pouvez paraître plus clair, plus crédible et plus pro que 80 % des autres candidats.

À quoi sert vraiment un entretien téléphonique

Un entretien téléphonique n’est pas un simple préambule administratif. C’est un filtre. Souvent rapide, parfois décisif.

Il prend en général deux formes. La première, c’est l’échange avec un recruteur RH ou un chargé de recrutement. La seconde, c’est l’appel avec le manager qui recrute. Les deux n’ont pas le même objectif, donc vous ne devez pas répondre de la même façon.

Recruteur RH ou manager : ce qu’ils cherchent vraiment

Type d’entretienObjectif principalQuestions les plus fréquentesCe que vous devez mettre en avant
Préqualification RHVérifier si votre candidature mérite la suitePrésentation du parcours, intérêt pour le poste, prétentions salariales, préavis, localisation, mode de travail, niveau de communicationSynthèse claire, motivation crédible, éléments pratiques, cohérence du profil
Entretien téléphonique avec managerÉvaluer votre capacité à tenir le posteProjets menés, résultats, méthode de travail, prise de décision, collaboration, résolution de problèmesExemples précis, impact mesurable, logique d’action, maturité professionnelle

Le recruteur veut surtout savoir si vous êtes un candidat sérieux, cohérent, employable, et simple à faire avancer dans le process. Le manager, lui, veut des preuves. Il veut comprendre comment vous travaillez, ce que vous avez réellement fait, comment vous gérez la pression, les priorités, les désaccords, les imprévus.

Erreur classique, donner un discours technique détaillé à un recruteur qui n’a besoin que d’une vue d’ensemble, puis rester vague face à un manager qui attend des exemples concrets. Ce décalage coûte cher.

Pourquoi le téléphone est un exercice à part

On lit souvent des conseils d’entretien trop génériques. En pratique, le téléphone a ses propres règles.

D’abord, votre voix porte tout. Le recruteur ne voit ni votre posture, ni votre sourire, ni votre langage corporel. Il n’a que votre débit, votre énergie, vos silences, votre capacité à structurer une réponse. Si vous semblez hésitant, distrait ou monotone, ça s’entend tout de suite.

Ensuite, les blancs paraissent plus longs qu’en face à face. Trois secondes de silence dans une salle, ce n’est rien. Trois secondes au téléphone, on peut croire à une coupure, à un trou de mémoire, ou à quelqu’un qui lit des notes en panique. Ayez des transitions prêtes, par exemple, « bonne question, je vais vous répondre avec un exemple concret » ou « il y a deux aspects dans ma réponse ».

Autre différence majeure, les notes. Au téléphone, vous pouvez avoir votre CV, l’offre, vos chiffres clés et vos questions sous les yeux. C’est un avantage énorme, à condition de ne pas lire comme un élève au bac oral. Le but n’est pas de réciter. Le but, c’est d’avoir des repères.

Enfin, les problèmes techniques pèsent beaucoup plus qu’on l’imagine. Un écho, un téléphone qui coupe, un chien qui aboie, des notifications Slack qui sonnent, un ordinateur qui ventile comme un sèche-cheveux, tout ça dégrade immédiatement la qualité perçue de l’échange. Ce n’est pas juste agaçant. Ça vous fait perdre des points.

La préparation, étape par étape

Une bonne préparation ne demande pas des heures, mais elle demande de faire les bonnes choses au bon moment. Voici une méthode simple et efficace.

La veille de l’appel

  • Relisez l’offre d’emploi et repérez les 3 à 5 compétences ou responsabilités les plus mises en avant.
  • Associez chaque attente à un exemple précis tiré de votre expérience.
  • Vérifiez qui vous appelle, recruteur, RH, manager, responsable d’équipe, cabinet externe.
  • Recherchez l’entreprise, son activité, ses produits, ses clients, son actualité récente.
  • Confirmez l’horaire exact, le fuseau horaire s’il y en a un, le numéro à utiliser ou le lien de connexion.
  • Testez votre téléphone, votre casque, votre micro et votre solution de secours.
  • Préparez une présentation de 60 secondes et une réponse solide à « pourquoi ce poste ? ».
  • Notez 4 à 6 questions intelligentes à poser en fin d’échange.
  • Préparez vos éléments pratiques, salaire visé, préavis, disponibilité, mobilité, télétravail.

30 minutes avant

  • Installez-vous dans un endroit calme, porte fermée si possible.
  • Coupez les notifications sur tous les appareils.
  • Fermez les onglets inutiles et mettez Teams, Slack, WhatsApp et les mails en sourdine.
  • Posez devant vous un verre d’eau, un carnet, un stylo, votre CV et l’offre.
  • Gardez des notes en puces, jamais un texte rédigé mot à mot.
  • Relisez le nom et le poste de votre interlocuteur.
  • Respirez lentement trois fois, puis relâchez les épaules. Ça change vraiment la voix.
  • Si l’entretien se fait via une application, connectez-vous 2 à 3 minutes en avance.

5 minutes avant

  • Mettez le téléphone en mode ne pas déranger.
  • Désactivez le haut-parleur, sauf si vous avez un excellent casque testé à l’avance.
  • Souriez juste avant de décrocher. Oui, ça s’entend.
  • Relisez votre accroche d’ouverture, puis arrêtez de bachoter.
  • Levez-vous si vous avez tendance à parler trop bas ou sans énergie.

Ce qu’il faut savoir en France pour ce type d’appel

En France, l’entretien téléphonique reste souvent une étape de tri assez directe. Le plus courant, c’est un premier appel court avec un recruteur interne, un chargé de recrutement ou un cabinet, avant un échange plus approfondi en visio ou sur site. Dans beaucoup d’entreprises, on attend surtout que vous soyez clair, poli, structuré et capable de relier rapidement votre parcours au poste.

Il y a aussi quelques usages locaux à avoir en tête. D’abord, le ton. Même quand l’échange est cordial, mieux vaut démarrer sur un registre professionnel, avec un vouvoiement net et une formule simple. Vous pourrez vous aligner ensuite si l’interlocuteur devient plus direct. Ensuite, le vocabulaire. En France, on vous parlera souvent de rémunération brute annuelle, de fourchette, de part variable, de préavis, de RTT, de tickets restaurant ou encore de mutuelle. Ce ne sont pas des détails exotiques, ce sont des repères très habituels dans la conversation de recrutement.

Côté documents, le recruteur s’appuie presque toujours sur votre CV et l’offre, parfois sur votre profil LinkedIn, mais beaucoup moins sur une lettre lue mot à mot pendant l’appel. Enfin, les entreprises françaises apprécient en général les réponses concrètes mais sobres. Trop se vendre peut paraître forcé. Mieux vaut un ton posé, des exemples précis, et une présentation sérieuse de ce que vous avez réellement fait.

Comment faire une vraie recherche sur l’entreprise, utile pour un entretien téléphonique

Le classique « j’ai regardé votre site » ne suffit pas. Il vous faut des informations exploitables immédiatement dans la conversation.

Commencez par le site de l’entreprise. Lisez la page d’accueil, la page À propos, les pages produit ou service, et si possible la rubrique actualités ou presse. Votre objectif est simple, être capable d’expliquer en une phrase claire ce que l’entreprise vend, à qui, et avec quelle promesse. Si vous n’y arrivez pas, vous n’êtes pas prêt.

Relisez ensuite l’offre. Repérez les mots qui reviennent. « Coordination », « amélioration continue », « relation client », « conformité », « reporting », « gestion de projet », « SQL », « prospection », peu importe le métier, les répétitions révèlent les priorités.

Si vous avez le nom de la personne qui vous appelle, regardez son profil LinkedIn. Pas besoin d’en faire trop. Retenez simplement son poste, son ancienneté, son périmètre probable. Une recruteuse en poste depuis deux mois ne posera pas le même type de questions qu’un directeur produit présent depuis six ans.

Pensez aussi à l’actualité. Une levée de fonds, une ouverture de marché en Belgique, un rachat, un lancement produit, un changement de direction, une forte campagne de recrutement, voilà des éléments utiles pour répondre à « pourquoi nous ? ». Si vous citez une source externe, gardez-la sérieuse, par exemple LinkedIn News ou un communiqué publié sur le site officiel de l’entreprise.

Ce que vous devez noter après vos recherches

  • Une phrase simple pour expliquer l’activité de l’entreprise.
  • Deux raisons crédibles qui relient le poste à votre parcours.
  • Une actualité récente que vous pouvez mentionner naturellement.
  • Deux compétences ou expériences que vous voulez absolument faire ressortir.
  • Trois questions adaptées à l’équipe ou au poste.

Exemple concret. Camille Moreau postule chez LogiFlux, un éditeur SaaS qui aide les PME du transport à suivre les expéditions et réduire les litiges. Dans ses notes, elle écrit, « entreprise B2B SaaS, clients transport et logistique, enjeu de fluidité opérationnelle ». Elle repère aussi que l’offre insiste sur la coordination support, produit et opérations. Elle prépare donc un exemple précis de son passage chez TransEuro Services, où elle a réduit de 22 % les erreurs de transmission entre service client et facturation en créant un circuit de traitement plus clair. Là, on est dans du concret. Pas dans le vernis.

Les documents à avoir sous les yeux, et ceux qu’il vaut mieux éviter

Le téléphone vous permet d’être bien outillé. Pas d’être entouré de quinze pages inutiles. Plus vous avez de papier devant vous, plus vous cherchez vos mots.

Gardez seulement l’essentiel.

  • Votre CV, dans la version envoyée à l’entreprise.
  • L’offre d’emploi complète.
  • Une synthèse de l’entreprise en 4 ou 5 lignes maximum.
  • 5 à 7 puces avec vos réalisations les plus pertinentes.
  • Vos questions pour la fin d’entretien.
  • Votre fourchette salariale ou votre objectif de rémunération.
  • Votre délai de disponibilité, ou votre durée de préavis.

Évitez les paragraphes rédigés. Préférez des mots-clés qui déclenchent votre mémoire. Par exemple, au lieu d’écrire un bloc de 8 lignes sur un projet, notez, « refonte onboarding SAV, guide interne, formation 12 conseillers, baisse erreurs 18 %, délai moyen -11 % ». Vous aurez la structure, sans perdre votre naturel.

Réussir son environnement technique, sans sophistication inutile

La meilleure configuration pour un entretien téléphonique n’a rien de glamour. Elle doit être stable, calme et prévisible. C’est tout.

Le bon choix selon le type d’appel

  • Téléphone mobile : utilisez l’endroit de votre logement où le réseau est le plus fiable. Faites un test la veille avec un proche. Si la 4G est mauvaise chez vous, ne comptez pas sur la chance.
  • Ligne fixe : plus rare, mais souvent excellente pour la stabilité du son. Si vous en avez une et qu’elle fonctionne bien, c’est parfois le meilleur choix.
  • Appel via Teams, Zoom, Google Meet ou autre VoIP : utilisez un casque testé, fermez les applications gourmandes, et vérifiez les paramètres audio avant l’heure.

Les règles qui comptent vraiment

  • Choisissez une pièce avec peu de résonance. Les rideaux, tapis et coussins aident plus que vous ne croyez.
  • Fermez les fenêtres. Le bruit de rue s’entend très bien au micro.
  • Prévenez les personnes chez vous de ne pas vous déranger pendant 30 à 45 minutes.
  • Isolez les animaux si c’est possible.
  • Branchez votre chargeur ou partez avec une batterie pleine.
  • Gardez de l’eau à portée de main.
  • Tenez-vous droit, assis ou debout. La respiration et l’articulation seront meilleures.

Petit conseil de terrain, si vous avez tendance à manquer d’énergie à l’oral, faites l’entretien debout. Beaucoup de commerciaux le font instinctivement. La voix devient plus présente, plus dynamique, plus assurée.

Les questions les plus fréquentes, avec de bonnes réponses en français naturel

Un bon entretien téléphonique repose souvent sur quelques questions assez prévisibles. Le piège, ce n’est pas la question. C’est la réponse floue, trop longue, ou totalement générique. Voici des formulations efficaces, à adapter à votre situation.

1. « Présentez-vous » ou « Parlez-moi de vous »

Réponse possible : « Je travaille depuis cinq ans dans les opérations client, avec un fil conducteur assez clair, améliorer la qualité de traitement et fluidifier la coordination entre équipes. Chez Novaris Assurance, j’ai surtout travaillé sur les sujets de back-office et de résolution des dossiers complexes. Ce qui m’intéresse dans votre poste, c’est qu’il combine relation client, organisation et amélioration continue, trois dimensions sur lesquelles je suis le plus efficace. »

Cette réponse fonctionne parce qu’elle donne une direction. Pas toute votre biographie.

2. « Pourquoi ce poste ? »

Réponse possible : « Le poste m’intéresse pour deux raisons. D’abord, il correspond à ce que je fais bien, analyser les points de blocage, coordonner les interlocuteurs et améliorer les processus. Ensuite, j’ai l’impression qu’il y a ici une vraie marge d’impact, pas seulement de l’exécution. C’est précisément ce que je cherche pour la suite. »

3. « Que savez-vous de notre entreprise ? »

Réponse possible : « D’après ce que j’ai vu, vous accompagnez des enseignes de distribution dans la gestion de leurs flux logistiques grâce à une plateforme qui centralise le suivi, les alertes et le reporting. J’ai aussi vu que vous aviez récemment renforcé votre présence en Europe du Sud, ce qui laisse penser que les équipes sont en phase de structuration. C’est un contexte qui me parle. »

4. « Pourquoi voulez-vous quitter votre poste actuel ? »

Réponse possible : « J’ai beaucoup appris dans mon poste actuel, surtout sur la gestion opérationnelle et la coordination avec plusieurs services. Aujourd’hui, j’ai envie d’un cadre où je peux prendre davantage de responsabilité et contribuer plus directement à l’amélioration des méthodes de travail. C’est ce qui m’a attiré dans votre offre. »

Gardez un ton propre. Ne critiquez jamais votre manager, vos collègues ou l’entreprise actuelle. Même si vous avez de bonnes raisons d’être parti.

5. « Quelles sont vos prétentions salariales ? »

Réponse possible : « Je suis ouvert à la discussion, mais pour vous donner un ordre d’idée, au vu de mon expérience et des niveaux de marché sur ce type de poste en région parisienne, je vise une rémunération située entre 42 000 et 46 000 euros bruts annuels. Bien sûr, je regarde aussi l’ensemble du package et le périmètre exact du poste. »

Soyez prêt à donner un chiffre. En France, la discussion se fait très souvent en brut annuel, parfois avec une part variable ou des avantages à part. Beaucoup de candidats tournent autour du sujet par peur de se fermer des portes. En réalité, une réponse trop floue peut donner l’impression que vous ne connaissez pas votre marché.

6. « Parlez-moi d’une difficulté que vous avez gérée »

Réponse possible : « Chez Mondo Services, nous avions des retards récurrents dans le traitement des réclamations parce que le passage entre le support et l’équipe facturation n’était pas assez clair. J’ai repris le parcours dossier par dossier, identifié les zones de flou, puis proposé une grille de qualification et un circuit de validation plus simple. En six semaines, le délai moyen de résolution a baissé de 19 % et le volume de relances clients a nettement reculé. »

Ici, on entend la méthode, l’action, puis le résultat. C’est exactement ce qu’un manager veut capter.

7. « Avez-vous des questions ? »

Ne répondez pas non, sauf si l’entretien dure depuis une heure et que tout a déjà été couvert. Au téléphone, vos questions servent aussi à montrer votre niveau de préparation et votre capacité à vous projeter.

Quelles questions poser selon l’interlocuteur

Les bonnes questions ne sont pas les plus originales. Ce sont celles qui tombent juste.

À poser à un recruteur RH

  • À quoi ressemble une prise de poste réussie dans les trois premiers mois ?
  • Qu’est-ce qui a motivé l’ouverture de ce poste, croissance, remplacement, réorganisation ?
  • Quelles sont les prochaines étapes du recrutement et le calendrier envisagé ?
  • Y a-t-il des expériences ou compétences que l’équipe valorise particulièrement pour ce poste ?

À poser à un manager

  • Quel est le principal défi que la personne recrutée devra traiter en priorité ?
  • Avec quelles équipes ce poste travaille-t-il le plus au quotidien ?
  • Qu’attendez-vous d’une personne performante au bout de six mois ?
  • Y a-t-il un point de mon parcours sur lequel vous aimeriez que je donne davantage de détails avant que l’on termine ?

Cette dernière question est excellente. Elle permet de corriger un doute éventuel avant la fin de l’appel. Trop peu de candidats l’utilisent.

Les erreurs qui éliminent, parfois sans que le candidat s’en rende compte

Les grosses fautes, tout le monde les connaît. Arriver en retard, être impoli, décrocher dans le bruit, parler de salaire à la première minute. Les vraies erreurs fréquentes sont plus discrètes.

Avant l’entretien

  • Se tromper d’horaire ou de fuseau. Ça arrive encore très souvent avec les entreprises internationales.
  • Oublier d’enregistrer le numéro ou le mail du contact.
  • Tester le micro au dernier moment.
  • Arriver sans avoir compris ce que fait l’entreprise.
  • Ne pas avoir préparé ses réponses sur salaire, préavis ou localisation.

Pendant l’entretien

  • Lire une réponse écrite, ce qui donne un ton artificiel immédiatement repérable.
  • Parler trop longtemps sans vérifier si la question a été traitée.
  • Couper la parole à cause du léger décalage téléphonique.
  • Faire autre chose en même temps, taper au clavier, regarder ses mails, marcher dans l’appartement. Ça s’entend.
  • Parler trop vite ou trop bas. Le stress produit souvent les deux à la fois.
  • Être trop familier, surtout avec un recruteur qu’on ne connaît pas.

Après l’entretien

  • Ne pas envoyer de message de remerciement.
  • Envoyer un message si générique qu’il pourrait partir à n’importe quelle entreprise.
  • Ne pas noter ce qui a été dit, puis arriver flou au second entretien.
  • Relancer au bout de 24 heures comme si le silence signifiait un refus.

Comment paraître sûr de soi même si vous êtes stressé, junior ou rouillé

Le stress ne disparaît pas parce qu’on n’est pas en visio. Parfois, c’est même pire, car vous ne voyez pas les réactions de l’autre. La solution n’est pas de devenir charismatique du jour au lendemain. La solution, c’est la structure.

Utilisez un schéma simple pour vos réponses, idée, exemple, résultat. Commencez par le message principal. Donnez ensuite un exemple bref. Terminez par l’effet obtenu. Cette structure évite les détours et rassure énormément à l’oral.

Si vous avez besoin de réfléchir, dites-le proprement. « Je cherche l’exemple le plus pertinent » est une phrase tout à fait professionnelle. Un silence assumé de deux secondes vaut mieux qu’un flot de « euh » et de phrases vides.

Ralentissez aussi légèrement votre débit. Beaucoup de candidats gagneraient déjà en crédibilité en parlant 10 à 15 % moins vite. Le recruteur ne vous note pas sur la vitesse. Il vous écoute pour comprendre si vous savez communiquer avec clarté.

Faites un échauffement vocal très simple. Lisez à voix haute votre présentation deux fois avant l’appel. Pas dans votre tête, à voix haute. C’est basique, mais ça aide énormément à articuler et à trouver un ton naturel plus vite.

Au téléphone, la clarté bat largement le style. Vous n’avez pas besoin d’une voix de radio ni d’une formule brillante. Vous avez besoin d’exemples solides, d’une écoute attentive et d’un rythme calme.

Exemple complet d’entretien téléphonique réussi

Prenons un cas réaliste. Yassine Benali candidate à un poste de coordinateur opérations chez GreenCart, une entreprise e-commerce spécialisée dans les produits d’entretien écologiques. Il reçoit un appel de 25 minutes de la part de Laura Perrin, recruteuse interne.

La veille, Yassine a identifié trois points clés dans l’offre, gestion des flux de demandes, coordination interservices, amélioration des procédures. Il a préparé trois exemples avec chiffres. Il sait aussi que l’entreprise a ouvert un nouveau centre logistique à Lille, information trouvée sur son site corporate.

Pendant l’appel, quand Laura lui demande de se présenter, il répond en 50 secondes. Pas plus. Il relie directement ses quatre années chez ShopRelais à la mission du poste. Quand elle lui demande pourquoi GreenCart, il ne dit pas « j’aime vos valeurs ». Il dit, « j’ai vu que vous êtes en phase de structuration logistique avec l’ouverture du site de Lille, et c’est justement dans ces contextes de croissance où j’apporte le plus de valeur ». C’est précis. C’est crédible.

Plus tard, sur la question des attentes salariales, il annonce une fourchette raisonnable, 36 000 à 39 000 euros bruts annuels selon le périmètre, et précise qu’il peut être disponible sous six semaines. En fin d’échange, il demande quels indicateurs serviront à juger la réussite de la personne recrutée après trois mois. Très bonne question pour un premier appel.

Résultat, il passe au second tour. Pas parce qu’il a impressionné avec un grand numéro. Parce qu’il a été net, structuré, renseigné et agréable à écouter. C’est souvent aussi simple que ça.

Le mail de remerciement à envoyer après l’appel

Envoyez un message dans les 24 heures. Court, personnalisé, propre. Deux petits paragraphes suffisent.

Objet : Merci pour notre échange de ce jour

Bonjour Madame Perrin,

Merci pour le temps que vous m’avez accordé aujourd’hui au sujet du poste de coordinateur opérations. J’ai particulièrement apprécié nos échanges sur les enjeux de structuration de l’équipe et sur la collaboration entre service client, logistique et finance. Cela a renforcé mon intérêt pour le poste.

Au vu de ce que vous avez partagé, je pense que mon expérience sur l’amélioration des circuits de traitement et la coordination interservices pourrait être utile à votre équipe. Je reste bien entendu disponible si vous souhaitez des précisions complémentaires, et je serai ravi de connaître la suite du processus.

Bien cordialement,

Yassine Benali

Ce type de message fonctionne parce qu’il fait référence à la conversation réelle. Un mail trop standard n’est pas éliminatoire, mais il ne laisse pas de souvenir particulier.

Votre mini check-list juste avant de décrocher

Si vous voulez un rappel ultra simple à relire 2 minutes avant l’appel, utilisez celui-ci.

  • Je sais expliquer en une phrase ce que fait l’entreprise.
  • Je sais si je parle à un recruteur ou à un manager.
  • J’ai une présentation de 60 secondes prête.
  • J’ai au moins 3 exemples solides liés au poste.
  • J’ai 3 bonnes questions à poser.
  • Mon téléphone, mon casque et mon plan B ont été testés.
  • Mon environnement est calme et mes notes sont visibles.
  • Je vais parler comme une personne préparée, pas comme quelqu’un qui récite.

Ce qu’un recruteur retient vraiment à la fin

À la fin d’un entretien téléphonique, votre interlocuteur ne retient pas 25 détails. Il retient en général quatre impressions. Est-ce que cette personne s’exprime clairement ? Est-ce qu’elle a compris le poste ? Est-ce qu’elle apporte quelque chose d’utile ? Est-ce que j’ai envie de la revoir au prochain tour ?

Tout le reste est secondaire. Pas inutile, mais secondaire. Voilà pourquoi les candidats qui réussissent ne sont pas forcément les plus brillants à l’oral. Ce sont souvent ceux qui ont fait leurs devoirs, qui répondent avec méthode, qui ne se dispersent pas et qui donnent envie de continuer l’échange.

Préparer un entretien téléphonique, au fond, c’est assez simple. Connaître le poste. Connaître l’entreprise. Connaître son propre parcours. Supprimer les distractions évitables. Puis parler avec calme. Faites déjà ça sérieusement, et vous serez devant une grande partie des autres candidats.

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